Traces de mémoire

19 octobre 2017

Bienvenue

Archéologie expérimentale
et anthropologie des techniques

en référence à la civilisation celte                        

100_3786 - CopieAgriculture et artisanat    

Archéologie expérimentale indépendante dans le cadre d'une démarche personnelle (voir mémoire du geste et démarche personnelle en cliquant ici). Mandubien(*) de souche, mon domaine de prédilection est, par conséquent, naturellement l’époque celtique, fin du second âge de fer, soit avant la conquête romaine.
Outre une reconstitution matérielle, je recherche à des fins pédagogiques le prolongement anthropologique et ethnique découlant de l’expérience d’une technique.

 Elaboration d’un jardin antique : cliquez ici 
Construction d'un grenier gaulois cliquez ici
Vallus (moissonneuse gauloise) cliquez ici
Araire et charrue cliquez ici
Références théoriques et bibliographie cliquez ici

(*) mandubien : nom du peuple celte qui occupait « l’Alesiensis pagus » au début de notre ère, aujourd’hui l’Auxois (Cote d’Or), situé entre les Eduens et les Lingons et dont le principal oppidum est Alésia, le vrai ;
celui de la statue de Vercingétorix où il est inscrit :
"La Gaule unie formant une seule nation animée d'un même esprit peut défier l'Univers". 


Prestations à la demande
- Sur place (groupes de 0 à 20 personnes)

- En déplacement pour une manifestation culturelle 

Informations et conditions cliquez ici


 Référencement

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01 septembre 2017

Grenier gaulois

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 Les descendants du peuple celtique mandubien ont fait revivre la culture et le savoir-faire technique, oubliés depuis 2000 ans par la construction d’un grenier gaulois sur plateau les 19 et 20 aout 2017 à Marigny le Cahouet (visite possible sur place)

Cette construction publique est réalisée dans le cadre d’un chantier d’archéologie expérimentale d’un bâtiment de conservation de nourriture tel qu’il était possible d’en rencontrer chez les peuples celtes.

Seule la construction de l’ossature bois issue d’essences locales ou exogène (châtaigner) ainsi que les parois en torchis sont réalisées en 2017. La toiture en chaume sera réalisée en 2018.

Ce chantier fait l’objet d’une autorisation d’urbanisme déposée en mairie et est reconnu par l’architecte des bâtiments de France en tant que projet d’affouillement.

Le maitre d’ouvrage est le propriétaire des lieux. La maitrise d’œuvre appartient à
l’association de reconstitution hitorique Les Mandubbi à Alise Sainte Reine.

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Préparatifs avant l'ouverture au public

 

 

 

 

 

  

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 Construction publique

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Préparation du torchis sur place

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Animations annexes : la forge

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Confection de cordes

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Fabrique de bijoux celtes

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Démonstration du barde

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Présentation du matériel agricole : ici le vallus

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Vente de produits gaulois dont végétaux transformés

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Fin du chantier dimanche soir

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Remerciements du sponsor par l'association "Les Mandubii"

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01 mars 2017

Le vallus

 

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Il s’agit de la première moissonneuse de céréales à propulsion animale (et non traction), capable d’avoir un meilleur rendement économique qu’une récolte manuelle, mise au point par les peuples gaulois bien avant les autres civilisations, notamment l’empire romain.

Le principe technique consiste en une caisse de bois reposant sur deux roues dont l’ouverture à l’avant est munie d’une rangée de dents horizontales, et à l’arrière, prolongée d’une paire de brancards dans laquelle peut être attelé un animal (âne par exemple) poussant le tout de telle sorte que les épis mûrs se cassent à leur base sous l’effet mécanique de la pression pour tomber dans la caisse. Selon les représentations qui nous sont parvenues (voir plus loin) un homme marchait en reculant face au vallus, muni d’un outils composé d’une planche perpendiculaire à un long manche servant à pousser les céréales vers les dents de la machine, tels les rabatteurs qui tournent sur les moissonneuses batteuses actuelles.

Etymologie succincte

Les origines étymologiques sont diverses : vallus proviendrait à la fois du grec ancien ἧλος, êlos (« clou ») et de vannum (« van ») forme contractée de vannulus, vanlus. On retrouve caedere vallum (couper des pieux: pieu échalas, inter duos vallos (entre deux palissades) : pieu pour palissade, vallus pectinis (dent d'un peigne). Mots dérivés : vallo (palissader), vallum (palissade), intervallum, intervalle.

Cette appellation peut être issue de l’osier dont pouvaient être tressés, le van et le coffre des véhicules gaulois, ce qui sous entendrait que la récolte moissonnée tombait dans un panier en osier (version technique dont s’inspire la vallus du Madriniacus)

Informations archéologiques

Sources bibliographiques :

Pline l’Ancien (1er siècle) dans Histoire naturelle (18, 296) écrit : « Dans les grandes propriétés de Gaule (latifundia) on pousse à travers champ de grands vallis montés sur deux roues et dont le bord est garni de dents, auxquels on attelle une bête de somme à l’envers, de sorte que les épis coupés tombent dans le vallus. »

Palladius (4ème siècle après J.C.) dans Traité d’agriculture (7,2) donne plus de détails : « La partie relativement des Gaules utilise le moyen économique que voici pour moissonner, et indépendamment du travail des hommes, l’activité d’un seul bœuf vient à bout de la superficie de toute une moisson. C’est pourquoi on a inventé un véhicule qui est porté sur deux petites roues.

Sa surface carrée est munie de planches, qui, inclinées vers l’extérieur, ont le plus grand écartement au sommet. Sur la face avant de ce chariot, la hauteur des planches est plus petite. Là, des dents, nombreuses en plus d’être espacées en fonction de la taille des épis, sont placées en ligne, recourbées à l’extrémité supérieure. Quant à l’arrière de ce même véhicule deux timons très courts sont fixés comme des brancards des litières. A cet endroit, un bœuf, tête tournée vers le véhicule, est attaché par un joug et des traits, assurément une bête calme, de manière à ne pas dépasser la cadence du compulsor.

Dès qu’il a commencé à mettre le véhicule en mouvement à travers les moissons, tous les épis, saisis par les dents, sont accumulés dans le chariot, une fois les pailles brisées e laissées sur place, et tandis que le bouvier, qui suit, règle ordinairement l’élévation ou l’abaissement. »

Sources iconographiques :

Cinq bas-reliefs trouvés à ce jour en Europe de l'ouest nous proposent sous formes fragmentaires des représentations partielles, mais néanmoins explicites, de vallus :

-          Gravures du calendrier de la porte de Mars à Reims (France) réalisées au 18ème et 19ème siècle,

-          Bas-reliefs d’Arlon et Buzenol-Montauban (Belgique)

-          Bas-reliefs de Trèves et Coblence (Allemagne).

 

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Vallus en démonstration devant la statut de Vercingétorix à Alésia
(Journées du patrimoine 2017 avec association Les Mandubii)

Expérimentation de la machine :

L’archéoparc de Malagne la gallo-romaine située à Rochefort en Belgique (www.malagne.be) a construit dans le cadre d’une expérimentation archéologique un vallus et en présente le fonctionnement en situation réelle de récolte de céréales au cours d’une fête publique.

Le modèle de vallus du Madriniacus n’a pu être encore expérimenté à ce jour en raison principalement du manque d’une surface de céréale adaptée (cassante notamment). De plus l’approche du prototype du Madriniacus est constitué à partir du reconditionnement d’un train avant directionnel d’un ancien char à quatre roues utilisé en montagne pour du transport de charges lourdes, donc par conséquent de conception trop massive et lourde pour un parfait maniement qui, par destination utilitaire, doit posséder des caractéristiques techniques légères.

Hormis cette problématique annexe, l’expérimentions permettrait surtout d’éprouver la forme des dents et le harnachement de la bête qui sont les deux points fondamentaux de la base du bon fonctionnement de la machine.

 

Le vallus du Madriniacus

 

Informations culturelles qui découlent du vallus :

Maitrise des forces mécaniques :

Une bonne conception légère de l’engin pourrait se dispenser de la présence d’un animal, un homme, à priori, suffirait. Or l’expérimentation montre que le poids de la machine (plus récolte dans le panier) à l’avant de l’essieu nécessite un contrepoids à l’arrière ; seul un animal peut jouer un double rôle : contrepoids et traction, plus facilement qu’un homme.

Attelage poussé :

Le vallus est, à ce jour, le seul attelage poussé, et non tiré, que l’humanité n’ait jamais connue, ce qui dénote d’un savoir-faire technique et une maitrise du dressage des animaux très avancés chez les peuples celtes, cela peut sous-entendre que cette technique d’attelage pouvait aussi être employée dans d’autres circonstances (carrières ; mines, travaux divers, etc…).

Céréales cassées :

Le vallus ne coupe pas les céréales quand l’intérêt de l’agriculteur lui dicte de moissonner. Il les casse lorsqu’ils ont atteint leur maturité idéale indépendamment de la volonté du récoltant. A travers cette conception de la récolte, on peut repérer un pacte conceptuel « de non-agression » et un profond respect envers la nature pour des produits liés à l’alimentation humaine ; base fondamentale de la culture celte.

Travail en équipe :

L’expérimentation belge fait appel aux fonctions synchronisées de trois ouvriers affectés à des tâches différentes : un rabateur (devant la machine), un guide de la hauteur de la machine derrière l’animal et un guide de l’animal (à côté de l’animal). Par conséquent ce type de travaux montre la capacité de cette civilisation d’avoir un parfait contrôle de la mutualisation des compétences individuelles

Rentabilité économique :

Les auteurs latins insistent tous sur la notion de rentabilité permise par cette machine et de coût de main d’œuvre (même à l’époque de l’esclavage c’était une charge à maîtriser !) par rapport à une récolte entièrement manuelle. D’un point de vue économique le choix entre agriculture extensive ou intensive présidait déjà aux débats et orientation politiques.

Autres informations techniques à approfondir :

Harnachement :

Le point crucial pour l’utilisation du vallus est le lien entre l’animal et la machine. L’expérimention belge, considérant que le collier d’épaule n’étant pas encore au point avant le Moyen-Age, à recours à la duplication d’un jouguet (petit joug pour un seul animal) du 2ème siècle retrouvé à Pforzheim (Allemagne), posé en avant du garrot de l’animal, protégé par une peau d’agneau ; préfiguration du collier d’épaule.

Ancêtre du vallus :

Selon Pline, le vallus a été mis au point afin de se substituer à une technique manuelle consistant à l’emploi d’un peigne, tenu d’une main, poussant les épis dans une sorte da van en osier tenu de l’autre main. Il est alors intéressant de constater que le vallus est l’évolution technique d’une méthode de récolte selon une conception d’utilisation d’outils non tranchants. Hormis des informations littéraires, à ce jour, nous n’avons aucune trace concrète de tels outils.

Utilisation mandubienne du vallus :

Comme toute moissonneuse mécanique, le vallus, n’est économiquement rentable que sur des grandes surfaces de céréales relativement plates, situées plus au nord du pays des Mandubiens. On peut penser, en raison de la configuration accidentée du terrain et du petit parcellaire qui en dépend, que dans l’Alesiensis pagus (Auxois) le vallus était probablement peu utilisé.

 Outils complémentaires au vallus :

 

Silo et van

 

Silo (aérien), fléau, van

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15 février 2017

De l'araire à la charrue

 

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Araire (sur fond statue de Vercingétorix Alésia)

 

Les études podologiques et en archéologie « agraire » (archéo agronomie) montrent que les peuples celtes, notamment gaulois pratiquaient comme méthode culturale la jachère herbeuse, labourée avec rotation biennale, voire triennale sur la partie plus septentrionale de la Gaule.

Il parait logique qu’une telle pratique sur des surfaces cultivées importantes ne peut aboutir que si la société qui la met en œuvre est en état de produire des instruments de travail du sol capables de détruire aisément le tapis herbacé et racinaire de la jachère, soit un instrument attelé du type charrue, ou araire améliorée pour le moins.

Cette morpho dynamique de l’instrument agraire est aussi révélatrice d’un mode opératoire technique où la division du travail et l'organisation sociale ont atteint un certain niveau culturel.

Quel type d’outil de labour utilisaient les gaulois ?

Aucune iconographie ou autres représentations de toute l’humanité n’attestent la présence de la charrue sur roues en Occident avant le Moyen-Age. Au mieux les archéologues concèdent une apparition vers le Vème siècle de notre ère.

Alors comment procédaient les agriculteurs gaulois pour retourner la terre des jachères dont les rendements de production généraient une économie agricole excédentaire puisqu’ils nourrissaient à la fois l’ensemble de la population, les animaux domestiques et l’armée romaine d’occupation tout en exportant les surplus vers l’empire romain. Les gaulois étaient-ils un peuple plus ingénieux que les autres civilisations antiques où l’aubaine de vivre sur le croissant fertile occidental du continent incitait à développer sciences, techniques et vie sociale avancés ; l’un expliquant probablement l’autre, les déterminismes ethnologiques sont parfois complexes.

Les traces archéologiques des labours gaulois qui sont parvenus jusqu’à nous (1) montrent des raies dissymétriques régulières et continues, certes sur des parcellaires dont la consistance du sol pouvait être facilement soumises à un tel labour avec une araire sans trop d’effort. Néanmoins la conception agronomique avec ses résultats de production étaient déjà bien présente et n’avait aucune raison objective à ne pas être transposée sur d’autres sols avec une technique adaptée.

A défaut d’attester de façon formelle l’utilisation de la charrue sur roues à l’époque celtique, trois indices sérieux, laissent supposer que les gaulois maitrisaient l’emploi d’un instrument proche de la charrue sur roues, ou du moins, pouvaient en être les précurseurs du concept.

Recherches archéologiques

André Marbach (2) qui après les avoir étudié, avec minutie et technicité, dresse une liste exhaustive des vestiges instrumentaux de labour en Gaule (3) conclue sa contribution à : « La représentation des outils et les instruments aratoires. Les araires tourne-oreille à l’époque gallo-romaine et le travail du sol » (4) par :« Il semble donc qu’il existait dès le IIe siècle des instruments aratoires capables de réaliser de façon courante, dans cette partie de la Gaule, un travail dissymétrique qui effectuait un certain retournement du sol. Le niveau de l’agriculture en Gaule Belgique pourrait être vraisemblablement plus élevé que ce qui est admis généralement et, dans certains cas, assez voisin de celui du Moyen Âge. ».

Pline l’Ancien

Un passage de « l’Histoire Naturelle » de Pline l’Ancien (23 à 79), mentionne explicitement sur l’araire gauloise la présence d’un coutre, de roues et « un soc large qui renverse les gazons », ce qui s’applique assez bien au versoir (5).

 

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Araire avec roues et coudre telle que Pline l'Ancien l'aurait rencontrée

Etymologie

Pour François Sigaud (6), le mot « charrue » vient du bas-latin carruca, qui comporte la notion d’un avant-train à roues. C’est un mot qui appartient aux dialectes septentrionaux de la France, les dialectes méridionaux employant plutôt un dérivé du latin classique aratrum, comme le provençal araïre. Au XIXe siècle, le mot araire est passé dans le vocabulaire des agronomes pour désigner les charrues sans avant-train.

Conclusion

Ces trois références théoriques montrent bien que le concept de charrue sur roue est né chez les gaulois juste après la conquête romaine. Après avoir observé la moissonneuse gauloise (dénommée Vallus par Pline l’Ancien) dont l’efficacité du fonctionnement est attesté au moins deux siècles avant la conquête, on peut tout à fait concevoir, par projection intellectuelle, qu’une réflexion technique sur l’évolution de l’araire en charrue sur roues pour un labour dissymétrique avec retournement complet de la terre pouvait être en gestation chez les « ingénieurs » de l’époque, notamment les druides et aurait été ralenti dans son développement par les troubles liés à la conquête.

A ce jour tout laisse penser que les gaulois étaient le peuple le plus avancé de toute l’humanité pour le passage de l’araire à la charrue qui, d’un point de vue développement agronomique, fut une évolution mécanique d’une importance telle que pour la supplanter vingt siècles plus tard la seule innovation est l’intervention génétique sur plantes, qui encore ne dispensent pas pour autant du labour.

(1) : contributions de l’archéologie et de la science du sol à l’histoire des pratiques par Pierre Poupet (Pédologue et archéologue, ingénieur de recherche CNRS, UMR 5140, Montpellier) et Romana Harfouche (Archéologue des paysages ruraux, chercheuse associée UMR 5608 CNRS, Toulouse). In : Actes du colloque Techniques de travail de la terre, hier et aujourd’hui, ici et là-bas ©Éditions du Centre d’histoire du travail, 2007   ISBN 978-2-912228-17-8 Centre d’histoire du travail 2 bis, boulevard Léon-Bureau, 44200 Nantes, France Tél. 02.40.08.22.04

 

(2) : Post-doctorant au Centre régional universitaire lorrain d’histoire Paul-Verlaine de Metz

(3) : Revue Archéologique du Centre de la France « Essai de classement typo-technologique des araires à partir des pièces métalliques découvertes en Gaule romaine en vue de leur reconstitution », Revue archéologique du Centre de la France, Tome 45-46 | 2006-2007, mis en ligne le 08 avril 2008. URL : http://racf.revues.org/734

(4) : ibid (1)

(5) : « Non pridem inventum in Rhaetiâ Galliae ut duas adderent alii rotulas quod genus vocant plaumorati » : il n’y a pas longtemps en Rhetie Gauloise (Alpes) on a ajouté deux petites roues aux charrues prenant le nom de plaumorati

(6) : Les mots de l'agronomie. Ouvrage collectif sur le vocabulaire et les concepts utilisés en agronomie francophone.
http://mots agronomie.inra.fr/motsagronomie.fr/index.php/Charrue,_historique_et_fonction

 

Glossaire

La houe se rapproche plus de la pioche que de la binette. La pièce de travail, pièce métallique, est aplatie sous forme d'une lame qui peut être pleine ou à dents.

L’Araire est l'ancêtre de la charrue, ce nom vient du latin « arāre » (infinitif présent du verbe « arō », labourer). L'italien « arare » et l'espagnol « arar », signifiant labourer, ont la même racine. D'où les patronymes et les toponymes dans les langues latines.

L’araire (de l'occitan, issu du latin aratrum) est un instrument aratoire à bâti symétrique sans versoir et muni d'un soc pointu (ou conique) qui fend la terre sans la retourner

L’araire au départ était constitué d’une seule pièce de bois, il évolua et finit par avoir jusqu'à cinq pièces.

Le plus souvent en bois, l'araire se compose de trois parties essentielles :

Le mancheron, tenu par la main du laboureur, permet de guider l'araire.

Le sep (souvent appelé dental), pièce centrale dont la pointe est coiffée du soc qui entre en contact avec la terre.

Le socterme est issu du gaulois *succo, porc, groin de porc. Cela désigne donc métaphoriquement « l'instrument qui fouine la terre comme le groin d'un cochon ». On retrouve la même chose en vieil irlandais où socc signifie « groin » et « soc de charrue », alors que le brittonique *succo-, identique au gaulois, a donné le gallois hwch, le cornique hoch et le breton hoc'h2 (le h initial s'expliquant par le passage de [s] à [h] en brittonique).

À noter que le français est la seule langue romane qui possède ce terme d'origine celtique, qui est un indice supplémentaire (avec les nombreuses découvertes archéologiques) sur le caractère indigène d'une agriculture gauloise performante.

L’âge (haie ou flèche selon les régions), pièce généralement courbe, prolongé en avant par le timon et fixé en arrière au talon du sep, qui relie l'araire au brancard ou au joug auquel sont attelées les bêtes de trait.

La charrueChar gaulois Carruca du gaulois latinisé carrus

Le bâti est constitué par l'age, pièce longitudinale horizontale qui supporte les autres pièces, dont les étançons, fixés perpendiculairement à l'age et auxquels sont fixées les pièces travaillantes

Le corps de labour est composé du soc, prolongé du versoir, et du coutre.

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Soc de type celtique à douille en prolongement du cep

 Résumé

Ces deux instruments aratoires ont coexisté au fil des siècles depuis le début de notre ère, chacun ayant ses propres spécificités. Dans l'araire, tous les éléments sont symétriques par rapport à l'axe de l’âge et à la ligne de travail. L'araire effectue un travail en surface, rejetant sur les deux côtés la terre émiettée et déplacée par le soc. La charrue est pour sa part un instrument aux éléments dissymétriques : les pièces travaillantes sont situées sur le même côté de l’âge. Avec la charrue, la terre est travaillée en profondeur, mais rejetée d'un seul côté. L'araire est l'instrument typique de l'assolement biennal, adapté aux sols légers et en pente du bassin méditerranéen, et ne nécessite qu’une bête de trait peu puissante (un âne). La charrue est plus adaptée aux terres lourdes des plaines du Nord, mais demande un attelage plus puissant pour être pleinement efficace (bœufs ou chevaux).

Les éléments essentiels d'une charrue sont à peu près les mêmes que ceux de l'araire : age, sep et mancherons. Mais l'ajout d'autres pièces entraîne d'importantes modifications : c'est d'abord l'avant-train, muni de roues de dimensions souvent inégales pour permettre à la charrue de garder sa stabilité lors du labour (une roue passe sur le guéret, partie de la terre non encore travaillée, l'autre dans la raie précédemment tracée). Autre élément nouveau par rapport à l'araire, le coutre, lame de fer destinée à découper la motte de terre, qui sera ensuite soulevée par le soc et renversée par le versoir. La charrue, beaucoup plus lourde que l'araire, nécessite la présence de deux mancherons pour assurer une meilleure conduite par le laboureur. L'age devient un axe très long sur lequel sont fixées toutes les pièces travaillantes. Soc et versoir sont dans le prolongement l'un de l'autre, formant en fait une seule pièce reliée à l'age par les étançons et située sur le côté de celui-ci (n'oublions pas que le principe du labour à la charrue repose sur la dissymétrie)

L'araire permet un labour léger même superficiel, tandis que la charrue est utilisée pour les labours profonds. Dans certaines régions aux sols caillouteux l'araire a été utilisé jusqu'au milieu du xxe siècle.

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Charrue XIX ème siècle = araire sur roues celtique améliorée

 

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15 janvier 2017

Références théoriques et bibliographie

Pas d’expérimentation archéologique sans références théoriques. 
La Bourgogne, terre de gastronomie, mais surtout terre d’Histoire
est particulièrement bien fournie en sources d’informations archéologiques :


CENTRES DE RECHERCHE

 Université de Bourgogne
UMR 6298 ARTEHIS : Archéologie, Terre, Histoire, Sociétés
6 Boulevard Gabriel
21000 DIJON
www.artehis-cnrs.fr

Centre archéologique européen du Mont Beuvray
71990 Saint-Léger-sous-Beuvray 
03 85 86 52 35 info@bibracte.fr
www.bibracte.fr

Bibracte possède un important centre de documentation en Protohistoire européenne. Riche de plus de 20 000 volumes et de plus d’une dizaine de fonds d’archives et de documentation thématique, le tout consultable uniquement sur place, cette bibliothèque est une des plus complètes de France pour cette période. Elle s’enrichit d’environ 1000 ouvrages par an. Le centre de documentation est situé dans les murs du centre de recherche, à Glux-en-Glenne, à 4 km du musée. Il est librement accessible au public, sur rendez-vous, aux jours et heures de bureau.

Renseignements au 03 86 78 69 00 ou docu@bibracte.fr


Autres lieux bourguignons d'informations sur la période celte :

Trésor de Vix
Musée de Chatillon sur Seine
14, rue de la Libération
21400 Châtillon sur Seine
tél. : 03 80 91 24 67 
http://www.musee-vix.fr

Musée archéologique de Dijon
5, rue docteur Maret
21000 Dijon
Tél (33) 03 80 48 83 70
mail : museearcheologique@ville-dijon.fr
https://archeologie.dijon.fr

MuséeoParc Alésia
1, route des Trois Ormeaux
21150 Alise-Sainte-Reine
Tél. 03 80 96 96 23 - Fax 03.80.96.96.24
contact@alesia.com 
http://www.alesia.com/


REVUES

EDITIONS FATON
CS 71769 - 21017 DIJON CEDEX
Courriel : infos@faton.fr
Tél. : 03 80 40 41 00 - Fax : 03 80 30 15 37
www.faton.fr
 proposent trois revues :

Revue Archéologia

Créé en 1964. Grâce à un réseau mondial de correspondants, Archéologia présente chaque mois toute l’actualité de l’archéologie : les dernières découvertes, des études claires et vivantes sur une civilisation, un site majeur ou un monument objet de travaux récents, une visite des expositions en cours, le calendrier des colloques et manifestations futures.

Les Dossiers d'Archéologie

Depuis leur création en 1973, Les Dossiers d'Archéologie vous font découvrir un panorama complet sur les cultures et les civilisations anciennes du monde entier, de la préhistoire à l'époque moderne. Avec la collaboration des plus éminents spécialistes français et étrangers, archéologues, historiens et historiens de l'Art, ils vous proposent une synthèse claire et précise des connaissances acquises et des dernières découvertes. Reconnue comme l'une des meilleures revues de diffusion et d'information archéologique au monde, Les Dossiers d'Archéologie constituent, à chacune de ses parutions, une référence pour tous les amoureux du passé.

Arkéojunior

Créé en 1994. Conseillé par un comité scientifique et pédagogique, présente la vie des hommes et les événements dans la Préhistoire, l'Antiquité et le Moyen Age à travers dossiers, enquêtes, portraits, pages actualités, visites de sites et d'expositions. Arkéo sensibilise aussi les enfants aux techniques de l'archéologie et des recherches archéologiques.
La revue enfant Arkéo est conçu comme un complément pédagogique des programmes d'histoire et de latin pour les 7-12 ans.

Autres revues régionales :

La Revue archéologique de l’Est (RAE)

La Revue archéologique de l’Est (RAE) publie, dans un volume annuel de 300 à 400 pages, les résultats les plus importants des recherches archéologiques menées dans l’Est et le Centre-Est (Alsace, Bourgogne, Champagne-Ardenne, Franche-Comté, Lorraine et nord de Rhône-Alpes). C’est une des revues interrégionales d’archéologie soutenues par le ministère de la Culture et le CNRS. Fondée en 1950, elle est éditée par la Société archéologique de l’Est (SAE), association loi de 1901 basée à l’Université de Dijon, au sein des locaux de l’UMR 6298-ARTeHIS, à laquelle elle est étroitement liée.

Bulletin du Centre d’études médiévales Saint-Germain d'Auxerre,
3, Place du Coche d'Eau
89000 AUXERRE
tél : 03 86 72 06 60 fax : 03 86 52 06 45
bucema.contact@gmail.com
www.cem-auxerre.fr


LIVRES

Librairie Archéologique
CS 50090 • 1, rue des Artisans
21803 Quétigny cedex France
tél. 03 80 48 98 60 fax.03 80 48 98 69
infos@librairie-archeologique.com
www.librairie-archeologique.com

 La Librairie archéologique est spécialisée dans la diffusion par correspondance de publications archéologiques allant de la Préhistoire aux Temps Modernes. Le domaine privilégié est celui de l’archéologie européenne et du bassin méditerranéen, mais d’autres régions sont également abordées: Egypte, Proche et Moyen-Orient, Extrême-Orient, Asie, Océanie et Amériques.
Les ouvrages présentés ci -après sont distribués notamment par la Librairie Archéologique,
sauf ceux épuisés que l’on peut être trouver dans le fond d’une autre librairie ou en cherchant bien chez un bouquiniste.

Fédération et ressources sur l'antiquité

 

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BIBLIOGRAPHIE SOMMAIRE

 LES CELTES 

22673

Territoires celtiques. Espaces ethniques et territoires des agglomérations protohistoriques
d'Europe occidentale
GARCIA D., VERDIN F
Actes du XXIVe colloque AFEAF, Martigues, 2000 - 2002 - 420 p., nbr. ill., br.
Actes colloques AFEAF

Pour la première fois, un colloque international regroupait des chercheurs intéressés par l'étude des territoires des principales agglomérations et des grands peuples d'Europe celtique. Ce volume regroupe des contributions analytiques ou synthétiques, richement illustrées, qui abordent de façon complémentaire l'appropriation de l'espace par les Gaulois et les peuples voisins contemporains. Cet ouvrage constitue à la fois un manuel, par la présentation et l'application des différentes méthodes de l'analyse spatiale, un ouvrage d'archéologie où différentes sources sont utilisées séparement ou conjointement, et un bilan historique sur les territoires en Europe occidentale.

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Celtes, Galates et Gaulois. Mercenaires de l'Antiquité
BARAY L.
Editions Picard - 2017 - 214 p - 31 €

À partir d'une analyse systématique et serrée des textes gréco-latins, l'auteur explore les principales facettes du mode de fonctionnement du mercenariat celtique : origines ethniques et géographiques, modalités de recrutement ou de rémunération, effectifs des contingents mobilisés, commandement, discipline, armement. Il s'intéresse aux procédures et techniques mises en place pour recruter, encadrer et gérer ces troupes. Les mercenaires celtes étaient-ils moins bien payés que leurs homologues étrangers ? Etaient-ils placés sous le commandement d'officiers grecs ou puniques ou avaient-ils leurs propres officiers ? Devaient-ils se présenter armés au moment du recrutement ? Qui les équipait ? Il étudie aussi les rapports qui ont pu exister entre les employés et leurs employeurs. Quelle part ont-ils pris dans le déclenchement de la "guerre des Mercenaires" ? Ont-ils été particulièrement déloyaux envers leurs employeurs, comme le laisse entendre une tendance lourde de l'historiographie ancienne et moderne ? Une attention particulière est portée à l'image du guerrier celte et plus spécialement à celle du mercenaire comme menace pour la citoyenneté. Démontrant l'inanité des stéréotypes véhiculés par les auteurs antiques et repris par les modernes, l'auteur propose une mise en perspective renouvelée d'un phénomène militaire de grande ampleur qui marqua de son empreinte l'ensemble des civilisations du pourtour méditerranéen des cinq derniers siècles avant J.-C. Il établit pour la première fois une synthèse précise et complète de nos connaissances sur un sujet jusqu'alors pas ou peu abordé.

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 Le monde des anciens Celtes
KRUTA V.
2015 - 400 p - plus de 400 cartes et ill. n.b  - 19 €

Au carrefour de la Protohistoire et de l'Histoire, on peut situer l'origine des Celtes (6e siècle av. J.-C.) à Halstadt, actuellement dans les Alpes autrichiennes. De là, ils se dispersèrent dans la plaine danubienne puis dans toute l'Europe centrale avant de s'implanter dans l'Europe de l'ouest jusqu'à l'Irlande et l'Espagne et à l'est, juqu'en Turquie (Galates). L'auteur s'appuie sur les découvertes archéologiques les plus récentes (tombes funéraires, forteresses du 6ème siècle jusqu'aux oppida du 2e siècle av. J.-C....).Il analyse l'organisation sociale et la religion : paysans et guerriers, prêtres et princes ainsi que le rôle de la femme. Il étudie également l'art et l'artisanat (les Celtes étaient maîtres du fer et du bronze au 3e siècle av. J.-C). Il se penche aussi sur l'écriture, la monnaie, le commerce (étain), l'agriculture, les voies de communication et les villes. Etudes plus particulières : l'Hispanie/Espagne, l'Hibernie/Irlande et l'Armorique/Bretagne. Il conclut par les invasions romaines (1er siècle av J.C.) qui signent le déclin d'une civilisation. Le monde des anciens Celtes, par sa richesse et ses diversités insoupçonnées, fut un élément fondateur de l'Europe, ce que nous confirme ce livre très documenté.

 

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L'Europe celtique à l'âge du Fer, VIIIe - Ier siècles
BUCHSENSCHUTZ O.
2015 - 512 p - 42 €

L'explosion des données archéologiques nous permet d'établir aujourd'hui une véritable histoire des populations de l'âge du Fer européen, dont la culture possède déjà ses principales caractéristiques plusieurs siècles avant que les auteurs grecs ne la désignent comme celtique. Les textes classiques comme les rares inscriptions gauloises sont ici confrontés aux témoignages matériels pour reconstituer aussi bien l'évolution de leur mode de vie et de leur culture que leurs échanges avec les peuples de la Méditerranée. Au début de l'âge du Fer le développement d'une société hiérarchisée se manifeste par de riches sépultures et des agglomérations dans lesquelles coexistent groupes aristocratiques et milieux artisanaux prospères. Les générations suivantes créent à partir du IVe siècle une culture originale qu'ils diffusent dans une partie de l'Italie et des Balkans : l'habitat est dispersé dans des campagnes intensivement exploitées, un art abstrait habille le bois et le métal, le pouvoir, plus largement réparti qu'auparavant, reste toutefois dominé par une aristocrate guerrière. Mais, dès le IIIe siècle, le développement de l'artisanat et du commerce concentrés dans de vastes villes de hauteur prépare l'intégration des Celtes dans l'Empire romain. La synthèse présentée ici met en évidence à la fois l'homogénéité spatiale de la culture celtique et son évolution chronologique marquée par des succès ou par des revers politiques, et surtout par des choix culturels et économiques originaux.

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Les Celtes
BUCHSENSCHUTZ O.
Editions Armand Colin
2007 - 320 p - 22 €

Qui sont les Celtes, ces populations qui, au ler millénaire avant J.-C., ont occupé l'Europe, des Alpes à la mer du Nord et de la Slovaquie à l'Atlantique ? Les origines, les limites, les caractéristiques mêmes de ces peuples font débat depuis l'Antiquité et jusqu'à nos jours. Très tôt, " nos ancêtres les Gaulois ", avec leur image de barbares farouches mais purs, alimentent la littérature et sont utilisés à des fins idéologiques. Mais le développement de l'archéologie a apporté un matériau considérable pour reconstituer leur véritable histoire. Qu'il s'agisse de la mise en scène de tombes exceptionnelles, des milliers de lieux d'habitat mis à jour, ou de l'analyse approfondie des objets d'art et des textes, tous les domaines de la connaissance ont fait des progrès grâce à la multiplication des données et à une analyse rigoureuse libérée des a priori traditionnels. Après une brève historiographie, l'auteur présente le développement chronologique de ces peuples au cours de l'âge du Fer, puis différents aspects de leur mode de vie, de l'économie, de l'habitat, de la religion, à travers des exemples caractéristiques en tenant compte des découvertes les plus récentes.

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PAYSAGES CELTIQUES

 

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Productions agro-pastorales, pratiques culturales et élevage dans le nord de la Gaule
du deuxième siècle avant J.-C. à la fin de la période romaine mars 2016
ZECH-MATTERNE V., LEPETZ S.
actes table ronde int. Institut National d'Histoire de l'Art (Paris)
2017 -  154 p  - 37 €

Cet ouvrage résulte de rencontres internationales organisées à Paris les 8 et 9 Mars 2016 à l'Institut National d'Histoire de l'Art (INHA) dans le cadre des ateliers du programme européen (ERC advanced grants) RurLand, dirigé par M. Reddé, et dont l'objectif était de définir et mieux appréhender les produits et les modes d'exploitation agricoles dans le nord de la Gaule du deuxième siècle avant J.-C. à la fin de la période romaine. La démarche a consisté à croiser les données archéozoologiques et archéobotaniques disponibles pour le nord de la France, les Pays-Bas, la Suisse, l'Allemagne et le Luxembourg, à des échelles différentes : celles de sites ou d'ensembles de sites, de régions naturelles, de territoires cohérents. Cette somme constitue pour le quart nord-est de la Gaule beaucoup plus qu'un bilan factuel de la documentation disponible. C'est un premier essai d'analyse des systèmes agro-sylvo-pastoraux, qui tente d'évaluer leur efficacité et rentabilité. Les différentes contributions révèlent des situations contrastées d'une territoire à l'autre, mais homogènes à une échelle régionale, en dépit d'un tissu de peuplement très inégal et de modes d'exploitation très variables, au sein desquels les établissements qualifiés de villae n'occupent pas obligatoirement le premier rang.

46943
Établissements ruraux laténiens et gallo-romains du centre de la Gaule
FERDIÈRE A.
Revue archéologique du Centre de la France - Suppléments
2015 (57e suppl. RACF) - 202 p -  22 €

L'établissement rural laténien et gallo-romain de Gellainville “ les Beaumonts ” (Eure-et-Loir) ( D. Wavelet, S. Papaïan) ; Les vestiges d'une partie d'un établissement agro-pastoral du Haut-Empire au nord de la cité des Carnutes : Auneau, “ l'Hermitage ” (Eure-et-Loir) (S. Gauduchon) ; L'établissement rural de “ Rougemont ” à Prasville (Eure-et-Loir), une modeste ferme du Haut-Empire (M. de Muylder) ; Deux établissements ruraux gaulois et gallo-romains du territoire des Turons : “ la Roche Deniau ” à Parçay-Meslay et “ la Cave Blanchette ” à Monnaie (Indre-et-Loire) (N. Fouillet, D. Lusson).

Histoire de l'agriculture en Gaule, 500 av. J.-C./1000 apr. J.-C
FERDIÈRE A., MALRAIN F., MATTERNE V., MÉNIEL P., NISSEN JAUBERT A.
2006 - 224 - p 25,40 €

La période comprise entre le premier Age du Fer (500 av. J.-C.) et la fin du haut Moyen Age (1000 apr. J.-C.) est une période charnière dans l'histoire de l'agriculture. La maîtrise de la sidérurgie et de la métallurgie du fer constitue une étape fondamentale dans l'évolution de l'agriculture. La mise au point de l'outillage agricole au premier Age du Fer prendra toute son ampleur au second Age du Fer. Il faudra attendre la révolution industrielle (XVIIIe-XIXe siècles) pour que soit modifié l'équipement technique des agriculteurs. La culture et l'élevage, mais aussi l'habitat, la chasse, les produits de la mer sont étudiés pour traiter, dans son ensemble, la vie dans les campagnes pendant un millénaire et demi.

Villes, villages et campagnes de l'Europe celtique
AUDOUZE F., BUCHSENSCHUTZ O.
1989 364 p. - 150 dessins -  30 cartes

S'opposant aux clichés hérités des textes antiques, l'archéologie, par cette étude, pose les premiers jalons d'une histoire de l'habitat de l'Europe celtique : mise en place des terroirs, naissance de l'architecture en bois et de l'artisanat rural, développement d'un habitat hiérarchisé, essais avortés puis réussis d'urbanisation

38042
Habitats et paysages ruraux en Gaule et regards sur d'autres régions du monde celtique
(actes XXXIe coll. AFEAF, Chauvigny, mai 2007, Tome II),
BERTRAND I., MAGUER P., GOMEZ DE SOTO J., DUVAL A.
2009 - 540 p. - Actes colloques AFEAF

G. Blancquaert,T. Lorho, F. Malrain, Y. Menez, Bilan et perspectives de recherche sur les sites ruraux au second Age du Fer ; F. Malrain, G. Blancquaert, Un enclos = une ferme ? ; O. Nillesse, Activités, métiers, vie quotidienne dans les établissements ruraux de l'Ouest de la France à travers l'instrumentum (Hallstatt D/début du Haut-Empire) ; O. Buchsenschutz, Chars, charrettes et transport dans l'agriculture celtique ; E. Le Goff, Habitats, terroir et paysage rural : Aménagement et structuration du territoire et de la campagne gauloise Ifs, ZAC « Object'Ifs Sud » (Calvados) ; P. Nouvel et al., Rythmes de création, fonctionnement et abandon des établissements ruraux de la fin de l'Age du Fer dans l'Est de la France ; P. Séjalon, V. Bel, J.-Y. Breuil, H. Pomarèdes, Définition et organisation des terroirs protohistoriques de Nîmes, Gard (de la fin du VIe au Ier s. av. J.-C.) ; G. Bagan, S. Mauné, Les communautés rurales du Languedoc occidental entre l'Age du Bronze final IIIb et la fin du premier Age du Fer (IXe-Ve s av. J.-C.) : études de cas ; D. Ugolini, C. Olive, Sites grecs, sites indigènes : Essai sur le fonctionnement des habitats de l'Hérault occidental (VIe-IV av. J.-C.) ; C. Von Nicolai, La question des Viereckschanzen d'Allemagne du Sud revisitée ; N. Venclova, Habitat, économie et environnement en Bohême et Moravie, LT B-C (IVe-IIe s. avant notre ère) ; A. Danielisova, Economie et environnement : Habitats de La Tène finale (IIe-Ier s. avant notre ère) en Bohême et Moravie ; F. Carrard, Organisation territoriale et espaces ruraux à La Tène finale en Suisse occidentale : un état des questions ; T. Moore, La construction des communautés : Nouvelles perspectives sur l'habitat, le monde rural et la société de l'Age du Fer en Grande-Bretagne occidentale ; V. Zech-Matterne et al. L'agriculture du VIe au Ier s. av. J.-C. en France : Etat des recherches carpologiques sur les établissements ruraux ; P. Méniel, G. Auxiette, D. Germinet, A. Baudry, M.-P. Horard-Herbin, Une base de données sur les études de faunes des établissements ruraux en Gaule ; C. Leroyer et al., Base de données et S.I.G. palynologiques sur l'Age du Fer en France : Une autre approche du paysage végétal et de son anthropisation ; I. Daveau, S. Lang-Desvignes, L'enclos républicain du Bas Lauvert à Antibes (Alpes-Maritimes) : une occupation du rivage lagunaire durant le dernier tiers du IIe s. avant notre ère ; J. Gasc, L'occupation du plateau de Corent (Puy-de-Dôme) au premier Age du Fer : Un habitat exceptionnellement bien conservé ; L. Grimbert, M.-L. Merleau, L. Benquet, Les Gaulois dans la Plaine : L'occupation du second Age du Fer du site de Puylaurens « La Plaine » (Midi-Pyrénées, Tarn) ; R. Issenmann, Hiérarchie des habitats et formes de l'occupation du sol à la confluence Seine-Yonne à la transition entre le premier et le second Age du Fer ; L. Izac-Imbert, F. Sergent, Présentation préliminaire du site de la fin de l'Age du Fer de l'Alba (Castres, Tarn) : Etude pluridisciplinaire dans son contexte environnemental et historique.

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GAULOIS

38313
Carte Archéologique de la Gaule 21/3, La Côte-d'Or :
de Nuits-Saint-Georges à Voulaines-les-Templiers
M. Provost et al., 2009 - 464 p. - 554 ill. et 1 plan h.t.

L'actuel département de la Côte d'Or était dans l'Antiquité essentiellement partagé entre deux grands peuples gaulois dont les capitales étaient situées à l'extérieur : les Lingons au nord (autour de Langres), les Éduens au sud (Autun). Entre les deux, les Mandubiens (d'Alésia) ont d'abord été sous la suzeraineté des Lingons, avant de passer, sans doute à l'époque de Vespasien, sous le contrôle des Éduens. Curieusement, malgré la multiplicité des fouilles sur des sites aussi prestigieux qu'Alésia, Vertault, Dijon, les Bolards ou Mâlain, malgré aussi la création d'une commission des Antiquités dès 1819, aucun inventaire archéologique n'avait été accompli à ce jour pour l'ensemble du département depuis la Révolution française ; ces trois volumes totalisant plus de 2000 p. viennent combler ce manque en offrant un bilan complet des fouilles réalisées. A noter dans le vol. I : une volumineuse bibliographie ainsi que de nombreuses synthèses portant notamment sur les diverses périodes chronologiques, l'archéo-géographie, l'étude des parcellaires, les agglomérations, les routes ou la métallurgie. Voir également La Côte d'Or 21/1, Alésia, par M. Provost, 2009 (référence 38311) et La Côte d'Or 21/2, d'Allerey à Normier, par M. Provost et al., 2009 (référence 38312).

49017
RUTULIUS NAMATIANUS
Retour en Gaule
2017 - 72 p., texte établi et traduit par J. Vessereau et F. Préchac. – 15 €

En 415, Rutilius Namatianus quitte sa chère Rome par la mer afin de rejoindre sa contrée natale, vraisemblablement la Narbonnaise. S'en suit un périple poétique, essaimé, entre les étapes du voyage, de nostalgie pour la patrie éternelle, de panégyriques en l'honneur de parents ou d'amis, d'invectives contre ceux qui menacent l'éternité de l'empire et de digressions didactiques. Le poème n'en garde pas moins une grande élégance dans le style, assurée par la linéarité du chemin, cet iter qui conduit le haut-fonctionnaire gaulois sur les pas de l'élégie ovidienne. Ainsi, le récit de navigation de Namatianus, narré à la première personne, emprunte au journal de voyage la spontanéité et la mouvance de l'écriture, alors même qu'il transforme « une réalité vécue en œuvre d'art » (Introduction, XXII), notamment par sa maîtrise du distique élégiaque. L'éloignement tisse des échos émouvants entre les paysages imaginaires et réels qu'il traverse : Rome apparaît radieuse et intemporelle face aux cités abandonnées de son parcours. Ses haltes dévoilent des rivages tantôt accueillants par leurs hautes cimes et leurs thermes purs, tantôt couverts de ténèbres et de vices. C'est tout un portrait entraînant de la côte qui se dessine dans les descriptions de Namatianus. Entre la Spezia et le port Auguste, il invite son lecteur à être juge et compagnon de route, citoyen et poète.

34908
Nos ancêtres les Gaulois
J.L. BRUNAUX
Seuil - 2008 - 21,30 €

Dans cet ouvrage l'auteur retrace l'histoire d'une quinzaine de ces idées reçues qui constituent pour beaucoup d'entre nous l'essentiel de nos connaissances sur la Gaule et ses habitants. Mais il leur apporte surtout les réponses les plus actuelles que permettent les dernières découvertes archéologiques, la relecture des textes antiques et une mise en perspective de la civilisation gauloise dans son contexte méditerranéen antique.

47668
La Gaule Belgique
DERU X.
2016 - 138 p. - 44 €

Guidé par l'ambition, suivant le destin de Rome de diriger le monde, César conquiert par un enchaînement d'événements la totalité de la Gaule. Le Nord sera intégré à l'Empire et constituera la province de Gaule Belgique. Ce territoire comprend le Nord et l'Est de la France, la Belgique, le Grand-Duché du Luxembourg et la partie occidentale de l'Allemagne actuelle. L'objectif de cet ouvrage est d'effacer les frontières pour appréhender dans sa totalité la réalité antique durant laquelle les nombreux peuples autochtones vivant sur place, emportés dans une histoire globale, ont dû se forger de nouvelles identités sur les fondements de la terre et de la culture de leurs ancêtres. Pas à pas, cet ouvrage explore ce territoire et cette société, de la conquête romaine jusqu'à l'aube du Moyen Âge. Depuis les premières découvertes de la Renaissance jusqu'aux fouilles les plus récentes, il présente l'histoire événementielle et les aspects de la vie quotidienne : les agglomérations, les activités économiques et religieuses. Au préalable sont présentés l'environnement, essentiel à la compréhension des hommes du passé, ainsi que le substrat indigène. Certains sites ou découvertes sont encore inédits et une documentation originale a été créée. L'ouvrage s'appuie sur un volet cartographique original et une série de plans, des photographies d'objets et de sites, ainsi que des restitutions de monuments, notamment des illustrations de maquettes, des archéo-sites ou des aquarelles.

 

46481
Gaulois d'ici et d'au-delà. Les Parisii en Plaine de France
2014 - 160 p. - 15,00 €

A travers une présentation thématique, balayant une large période avant la romanisation, les Gaulois se révèlent tout en gardant une part de mystère. Redécouverts il y a quelques années, les peuples gaulois connaissent aujourd'hui de la part des scientifiques et du public un fort engouement. Et les recherches établies bousculent les idées reçues. Grâce aux récentes fouilles archéologiques menées notamment en milieu rural, les Parisii, agriculteurs, artisans et parfois artistes, se dévoilent. Cet ouvrage nous permet de partir à la connaissance du territoire local, en évoquant l'occupation humaine mais aussi la vie quotidienne de ces Gaulois du Parisis. Les découvertes de nécropoles et notamment de spectaculaires tombes où le défunt est inhumé sur un char d'apparat, témoignent de pratiques dans la vie comme dans la mort. Ce sont donc toutes les facettes de la société rurale gauloise qui sont explorées dans Gaulois d'ici et d'au-delà.

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GUERRE - ARMEMENT

49323
Vercingétorix chef de guerre
DEYBER A.
2017 - 224 p. – 22 €

Aucun auteur n'a jusqu'à maintenant étudié avec rigueur qui était Vercingetorix en tant que chef de guerre : sait-on comment il a été formé ? Comment a-t-il pu abandonner Avaricum, remporter une victoire à Gergovia, et être battu à Alesia, alors que son armée et celle de « secours » n'étaient pas détruites ? L'organisation de l'armée gauloise, ses effectifs, son équipement, son entrainement, son fonctionnement, y seraient-il pour quelque chose ?... C'est à toutes ces questions que tente de répondre l'auteur, l'un des meilleurs spécialistes des peuples gaulois.

39023
Les Gaulois en guerre. Stratégies, tactiques et techniques.
Essai d'histoire militaire (IIe-Ier siècles av. J.-C.)
DEYBER A.
2009 - 528 p. - 39,60 €

La guerre dans la civilisation celtique n'a été que rarement évoquée, et jamais sous un angle militaire. Pourtant, dans la société gauloise de la fin de l'indépendance, la guerre était un phénomène quasi permanent. Plutôt que de se référer à la simple histoire événementielle, basée en particulier sur le récit de Jules César, l'auteur propose ici d'examiner d'autres causes, plus profondes : longues traditions guerrières et violence latente multiforme aboutissant parfois à un hallucinant carnage, conceptions religieuses exaltant le héros et le sacrifice suprême, société dont les fondements matériels reposent sur une véritable "économie de la guerre", le tout sur fond de conflits avec l'étranger. L'art de la guerre à la Tène D ou finale (IIe-Ier siècles av.J.C.) a connu de profondes mutations par rapport à la période antérieure : mise en place progressive d'un processus de décision codifié, structuration des forces, accroissement des effectifs, développement d'un art de commandement avec des préoccupations stratégiques embryonnaires et leur traduction tactique sur le terrain modifiant la manière traditionnelle de combattre. La diversification de l'armement précède ou accompagne le développement des armes tactiques et , en particulier, celui des troupes montées, véritable fer de lance des armées. Dans l'infanterie, on assiste à la substitution partielle de formations plus légères et mobiles à l'antique phalange grecque. C'est aussi l'époque du développement des fortifications et des premiers balbutiements dans l'art de la poliorcétique( ou science du siège des places fortes). Certains nobles celtes - les equites - tentent alors de détourner cette force naissante à leur seul profit, faisant de la guerre un métier à part, une activité de professionnels et non plus un spectacle d'amateurs en quête d'émotions fortes. Cet ouvrage, issu d'un travail de doctorat, aborde les divers aspects de ce problème central de l'histoire et suggère des voies de recherche novatrices qui intéresseront les historiens mais aussi les militaires et un public cultivé.

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ALIMENTATION GASTRONOMIE

46922
Boire en Gaule. Hydromel, bière et vin
LAUBENHEIMER F.
2015 - 192 p. – 22 €

Que buvait-on en Gaule ? Du vin, bien sûr, et les Gaulois de l'âge du Fer ont souvent été qualifiés par les auteurs anciens de buveurs de vin invétérés, célèbres pour leur ivrognerie. Vin importé d'abord, localement produit ensuite, exporté enfin, les Gaulois devenant, sous l'Empire, d'excellents viticulteurs. Mais, de plus longue date, on y buvait d'abord de l'hydromel et plus encore de la bière, véritable boisson nationale de nos ancêtres. Comment ces boissons alcoolisées se sont-elles développées en Gaule ? Quelles étaient les habitudes de consommation et les pratiques quotidiennes, mais aussi les rituels dans lesquels elles étaient impliquées ? Qui buvait quoi, comment et pourquoi ? L'auteur répond à ces questions en s'appuyant sur les textes antiques et sur de nombreux vestiges archéologiques, en Gaule et au-delà, ainsi que sur les résultats des analyses les plus novatrices destinées à identifier les traces des boissons contenues dans les vases.

 

42209
La vigne et le vin dans les Trois Gaules.
Gallia - 68.1 - 2011

La précocité et l'extension de la viticulture en Gaule romaine sont parmi les révélations majeures de l'archéologie des dernières décennies. Le développement de la vigne et du vin dans les Trois Gaules (Lyonnaise, Aquitaine et Belgique) restait cependant peu connu, malgré les sources écrites et l'épigraphie. Plusieurs découvertes effectuées au cours des dix dernières années dans la région lyonnaise, en Auvergne, dans le Berry, dans les pays de la Loire, en Normandie ou en Île-de-France, sont venues combler cette lacune. Grâce à l'étude des vestiges de viticulture (fosses et tranchées de plantation, outillage), d'exploitations viticoles (pressoirs, chais), des productions régionales d'amphores vinaires ou de tonneaux, le réexamen des textes relatifs à une viticulture locale ou encore, des témoignages épigraphiques et iconographiques liés au commerce du vin, c'est un nouveau pan de l'histoire de la vigne et du vin depuis le Ier siècle avant Jésus- Christ qui apparaît.

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INDUSTRIE, ARTISANAT

49080
Production et proto-industrialisation aux âges du Fer. Perspectives sociales et environnementales
(actes 39e coll. AFEAF, Nancy, mai 2015)
BATAILLE G., KAURIN J., DEFFRESSIGNE S., MARION S. 
Actes colloques AFEAF 
2017 - 732 p. - 65 €

Cet ouvrage présente les actes du 39e colloque international de l'AFEAF (Association Française pour l'Étude de l'Âge du Fer) qui s'est tenu à Nancy du 14 au 17 mais 2015. Il rassemble 44 contributions issues des communications et posters qui couvrent les âges du Fer (du VIIIe au Ier s. a.C.) sur une large partie de l'Europe, de la République Tchèque à la Bretagne et du nord de la France à la péninsule Ibérique en passant par l'Italie. Ce colloque a permis une approche archéologique des productions aux âges du Fer, de l'acquisition des matières premières à leur transformation et leur consommation. Ce colloque s'est intéressé à de multiples domaines déclinés au fil des contributions : la production alimentaire, l'exploitation du sel, les productions manufacturées (métalliques, céramiques, verre, lithiques, etc.).

46405
Le dépôt d'Évans (Jura) et les dépôts de vaisselles de bronze en France au Bronze final, (Suppl. RAE 37°)
PININGRE J.-F., GANARD V., PERNOT M.
2015, 216 p. - Revue archéologique de l'Est – Suppléments 25 €

Le dépôt de vaisselles de bronze d'Évans (Jura) a été découvert fortuitement en juin 1998 dans une doline proche de la vallée du Doubs. Ce lot exceptionnel de quarante-neuf récipients au moins représente à l'échelle européenne l'ensemble le plus important de vaisselles métalliques du Bronze final par le nombre et par la variété des récipients qui le composent. À côté de formes classiques comme les coupes et tasses de Kirkendrup-Jenisovice, de Fuchsstadt et le chaudron, cet assortiment comprend en outre des récipients uniques, comme la jarre biconique, ou jusqu'ici connus en quelques unités seulement comme les bouteilles, les passoires et les puisoirs. Il constitue ainsi un référentiel typologique étoffé de cette catégorie de biens de prestige. Sa position géographique dans le contexte de la culture Rhin-Suisse-France orientale, très excentrée vers l'ouest par rapport aux autres grands dépôts européens de vaisselles métalliques, constitue une nouveauté. Un bilan des vaisselles métalliques contemporaines représentées en France et dans le domaine lacustre suisse permet d'évoquer, à l'échelle de l'Europe, la complexité des pratiques de dépôt et de leur dynamique évolutive tant du point de vue de la chronologie que de la géographie. Le dépôt d'Évans offre l'opportunité de revisiter plusieurs questions, souvent débattues, quant à la fabrication, la diffusion et la symbolique de ces ustensiles particuliers dont la maîtrise technologique et les savoir-faire mis en œuvre font ici l'objet d'un développement approfondi. Parmi les questions posées, celle de l'origine des vaisselles est primordiale pour la lecture et la compréhension d'un tel ensemble. Déjà illustrée par le dépôt de Blanot, la distinction entre une production « orientale » et une production « occidentale », ne vient pas ici à l'encontre des hypothèses déjà émises, bien que l'approche du cheminement de ces produits à l'échelle de l'Europe, ainsi que celle des modèles, copies et des transferts de technologie, restent encore largement ouvertes. À cet égard, les différents modèles de coupes et tasses de Kirkendrup-Jenisovice, qui représentent ici les deux tiers de l'ensemble, constituent une base d'analyse privilégiée. Le dépôt d'Évans nous invite aussi à nous interroger sur l'aspect social des dépôts de vaisselles de prestige. Offrandes aux divinités, services d'apparat ou liturgiques pour les uns, récipients « désacralisés » incorporés par fragments dans des dépôts de recyclage pour les autres, ces assemblages non aléatoires sont au centre de plusieurs pistes d'interprétations et d'interrogations qui peuvent refléter tout à la fois des aspects fonctionnels et symboliques, et se distinguer par la diversité du choix et de la disposition des objets qui les composent. Dans une logique d'appropriation et de sacralisation des territoires, la position du dépôt d'Évans, sur deux axes majeurs de franchissement du Jura central et de circulation entre Rhône et Danube, nous conduit enfin à replacer cet ensemble hors norme dans son contexte territorial et culturel, au contact des différentes zones d'influence des groupes de la culture Rhin-Suisse-France orientale aux XIIe-Xe siècles avant notre ère.

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RELIGION

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Les religions gauloises (Ve-Ier siècles av. J.-C.)
BRUNAUX J.-L. 2016, 469 p. – 12€

Druides perdus dans les forêts profondes, banquets orgiaques, boucliers et trophées, magies, sacrifices humains ... Les clichés sur la religion gauloise ont la peau dure. L'imagination règne sur les esprits. Mais quelle était vraiment la religion de nos mythiques "ancêtres" ? Comment définir ce culte sans prophète, sans réformateur, sans règlement, sans écrits, ni histoire à présenter ? Des questions qui résonnent comme un défi pour le spécialiste qui ne dispose que des quelques pages de César et des quelques lignes dispersées d'auteurs antiques, dont l'interprétation peine à s'affranchir de la mythologie et du panthéon irlandais bien plus tardif et si éloignée des rives de la Méditerranée gauloise. Jean-Louis Brunaux offre ici le plus fiable des exposés d'ensemble sur les religions gauloises avant la conquête romaine. Un essai inégalé qui croise l'ensemble des découvertes archéologiques récentes avec les textes antiques. L'auteur fait revivre, de la manière la plus réaliste, les pratiques anciennes des Gaulois et nous conduit au coeur des sanctuaires, en particulier du nord de la France.

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ART

46611
L'art des Celtes
KRUTA V.
2015 - 240 p. – 49,95 €

Une initiation à l'art celte accessible et élégante, écrite par l'expert mondial. Une sélection choisie de plus de 250 chefs-d'oeuvre, du Ve siècle avant J.-C. au VIIIe siècle de notre ère. Les photographies réalisées spécialement et le soin tout particulier apporté à cette production mettent en valeur la délicatesse et la beauté de l'art des Celtes. Une gamme complète des pièces artistiques celtes, des sculptures de pierre, vases en terre cuite et épées de fer aux colliers d'ambre, torques d'or, fibules de bronze et manuscrits enluminés. Explore la totalité du monde celte, de l'Irlande à la France, l'Italie à la Hongrie, la République Tchèque à l'Allemagne et l'Autriche. Une étude de référence sur cette magnifique période de culture artistique, et une précieuse base de données visuelle.

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 Pour aider à comprendre la structure de la pensée gauloise

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Autour de l'homme : contexte et actualité d'André Leroi-Gourhan
AUDOUZE F., SCHLANGER N.
2004 - 444 p. – 35 e

Autour de Leroi-Gourhan, autour de l'homme... On ne saurait comprendre la diversité des contributions à cet ouvrage si l'on ne connaît pas l'étendue des champs couverts par l'œuvre de Leroi-Gourhan, et si l'on ne réalise pas la variété des formes sous lesquelles son influence s'est exercée et continue à se manifester aujourd'hui. Au musée de l'Homme, à Lyon, au CNRS, à la Sorbonne, au Collège de France, André Leroi-Gourhan (1911-1986) plaidait pour une science unifiée de l'homme où ethnologie, technologie, histoire, préhistoire, paléontologie, esthétique, linguistique constituaient des approches complémentaires. Cette entreprise hors du commun n'a pas connu de suite directe et son impact s'est plutôt traduit par des retombées multiples à l'intérieur de nombreuses spécialités plus étroites, tant en France que dans le monde ? Il ne s'agit là pas seulement d'une tendance inévitable de la recherche contemporaine vers une spécialisation de plus en plus grande. Cet éclatement dérive directement de la structure même de l'œuvre de Leroi-Gourhan : attachée à résoudre les grandes questions de l'évolution humaine, cette œuvre fonctionne à différentes échelles et aborde des problèmes multiples repris isolément ensuite... À travers 6 sections thématiques, les contributeurs à cet ouvrage apportent des éclairages complémentaires sur la plupart des domaines d'études qu'avait abordés André Leroi-Gourhan au long de sa passionnante aventure intellectuelle.

 

 

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03 janvier 2017

Prestations

Prestations à la demande
- Sur place (groupes de 0 à 20 personnes)

- En déplacement auprès de tous organisateurs d’une manifestation
culturelle ou festive ayant souci de reconstitution historique
(toute ressemblance avec un parc Astérix s’abstenir) :

Présentation du matériel agricole celtique avec analyses anthropologiques
(la démonstration étant difficile à réaliser car nécessite un attelage spécifique
et une mise en sécurité du public) 

Voir prestations colonne de droite ou cliquez ici
Ecrire à : tracesdememoire@orange.fr
ou appeler : 06 86 98 96 85 
(laisser message)

Pour des raisons d'organisation dans un calendrier annuel assez surchargé
Il est préférable de planifier une prestation si possible plus de 6 mois avant la date de l'évènement.

Itinérance : 1 000 km maximum autour d’Alésia.

Prestations gracieuses, une collaboration pour le logement, les repas et eventuellement le déplacement
peut faire l'objet d'une négociation préalable

 

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01 janvier 2017

Mémoire du geste et démarche personnelle

Afin de mieux connaître ma démarche en archéologie expérimentale,
il me parait nécessaire de présenter un peu exhaustivement le cadre de mon action.

La mémoire du geste et histoire personnelle

L’anthropologie des techniques s’est imposée à moi par prolongement de l’intérêt personnel que j’accorde à la mémoire du geste. Ayant acquis une formation en sciences humaines et sociales dans la mouvance idéologique des années 80, il m'est apparu que l’aide à apporter à une personne en situation d’exclusion soioprofessionnelle devait dépasser « l’homo-sapien » biologique pour s’intéresser à « l’Homo faber » à l'Homme en tant qu'Etre susceptible de fabriquer des outils (et de maitrisser une technique) et par conséquent à sa capacité à intervenir sur le monde qui l'entoure. Présupposant que de cette interaction avec son environnement relationnel humain naisse une prise de conscience de soi conduisant, par ses effets, à une insertion sociale.

Happé par les thèses d'André Leroi-Gourhan, dont l’expérimentation concrète de l’alliance entre le logos et le geste fut la base d’une activité professionnelle me conduisant à une fonction inexistante dans les nomenclatures professionnelles : éducateur-entrepreneur. Durant 25 ans de carrière professionnelle j’ai contribué au développement d’une entreprise d’insertion fiscalisée, en y assurant la direction notamment, sur le secteur marchand concurrentiel dans les domaines économiques du bâtiment, de l’aménagement paysager et le traitement des déchets commerciaux.

Ma conception professionnelle s’est résumée à aider des personnes (de 18 à 60 ans) à retrouver un geste perdu ou jamais acquis pour des raisons socio-professionnelles (chômage longue durée, traumatismes divers, post cure, détention) ou de formation inadaptée, voire inexistante (absence de références éducatives), afin que réconciliées avec un savoir-faire, ces personnes se réapproprient un savoir-être puis un savoir devenir.

La rupture d’une mémoire transmissible de génération en génération est l’origine du chômage dans sa version structurelle (incapacité à rebondir du demandeur d’emploi) conduisant l’individu à ne plus être sujet de sa propre existence mais objet d’un processus de dépendance socio-économique faisant la part belle aux thèses politiques qui voient en autrui différent un profiteur du système. Alors que la (ré)appropriation du geste dans toute sa plénitude est cette source d’où nait la prise de conscience chez chacun de sa propre existence individuelle et son affirmation à part égale dans une société. Les pauvres ne sont pas pauvres parce qu’ils n’ont pas d’argent, ils sont pauvres parce qu’ils n’ont pas de travail.

Fort de la réussite (chiffres et références tenus à disposition) de la mise en pratique de cette thèse, j’ai fait valoir mes droits à la retraite courant 2015 après que les sensibilités politiques de tous bords me glorifièrent unanimement pour avoir contribué au traitement social du chômage, alors que pendant 25 ans je me suis échiné à lutter contre l’exclusion par une réatribution permanente du geste à ceux qui en avaient été privé, ce qui est aux antipodes de l’altruisme social.

Pour un élu politique, soutenir un traitement social du chômage est bien plus aisé à tous points de vue (surtout électoral) que de militer pour un traitement économique. Toute alternative d'ordre économique conduirait inévitablement à une approche systémique prenant en compte les interactions entre les parties concernée (actionnaires / salariés), remettant en question la valeur ajoutée résumée à une négociation permanente entre l'actionnariat et le coût social de la production. La valeur ajoutée pourrait devenir une expression globale considérant employeurs et représentants des salariés dans une mise en œuvre humaniste du geste et de sa mémoire par l’ouvrier (l’oeuvrier). Trop compliqué à mette en oeuvre pour une politique tombée, durant sa jeunesse, dans le chaudron d'une vision purement analytique à court terme.

La mémoire du geste n’est pas qu’une fantaisie intellectuelle, elle peut être aussi l'origine d'une production échangeable.

Donc retraité, animé de cette conception de la vie, il m’a semblé normal de continuer sur cette lancée, mais en ne m’intéressant plus au retour de la mémoire du geste perdue pour des raisons liées à une histoire individuelle, mais perdue de façon collective simplement par le fait de l’évolution du temps.

D’où mon entrain à ce jour pour l’archéologie expérimentale de façon indépendante, proposant gracieusement mes services aux diverses organisations de reconstitutions protohistoriques.


Comment retrouver et prolonger la mémoire du geste

L’archéologie expérimentale ainsi pratiquée repose plus sur une approche systémique se rapportant à un système pris dans son ensemble plutôt que par approche analytique prenant en compte l’absolue rationalité de la mise en œuvre concrète d’une référence théorique.

Projection

Mon point de départ est intuitif ou repose sur une empathie technique (ce que je crois être techniquement bon en faisant appel à ma propre mémoire du geste et à mes diverses observations éducatives ou culturelles).

Je projette empiriquement une morphogenèse de l’objet à expérimenter par fabrication d’un prototype à l’aide outils actuels ou modification d’un modèle de l’objet déjà existant (par exemple recherche sur le marché de l’occasion d’anciens outils).

Vérification

Je recherche des références théoriques exclusivement à partir de textes d’auteurs contemporains à l’objet expérimenté ou opinions scientifiques validées par des professionnels de l’archéologie fondamentale (universités, CNRS, musées, etc.).

Expérimentation

La mise en situation de l’objet ainsi retrouvé selon une conception de l’archéologie expérimentale s'intéressant à l'histoire, à l'usage et aux rôles des objets techniques dans leur rapport aux faits contemporains conduit rapidement à l'anthropologie des techniques.

Outre les déductions techniques (limites ou améliorations possibles), l’expérimentation apporte un éclairage sur le savoir-faire, c’est-à-dire une efficience qui possède des composantes cognitives dans la maîtrise de processus ne se limitant pas à une observation extérieure de la technique, mais permettant d'approcher la pensée, la conception, voire la perception sensible de la technique témoignant de la culture et de l’appartenance à une société.

Les dimensions humaine et sociale ainsi retrouvées par la technique permettent des projections anthropologique, ethnologique, culturelle, religieuse, et politique, voire des analyses économiques.

Présentation pédagogique

Une connaissance ne vaut que si elle est transmise, donc possibilité de présentation gratuite du matériel dans toute manifestation ayant un souci de reconstitution historique.

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