Traces de mémoire

01 juillet 2017

Bienvenue

Archéologie expérimentale et anthropologie des techniques

sur la période celte                        

100_3786 - CopieAgriculture et artisanat    

C’est par démarche personnelle  que je suis venu à l’archéologie expérimentale de façon indépendante (voir ci-après : La mémoire du geste et mon histoire personnelle). Mandubien(*) de souche, mon domaine de prédilection se trouve, par conséquent, être naturellement l’époque celtique, fin du second âge de fer; soit avant la conquête romaine ou année 0.

Outre une reconstitution matérielle, je recherche à des fins pédagogiques le prolongement anthropologique et ethnique découlant de l’expérience d’une technique.

Supports de recherche en cours :

Elaboration d’un jardin antique : cliquez ici 

Construction d'un grenier gaulois

Affiche grenier gaulois

Outillage agraire :
Vallus (moissoneuse gauloise) cliquez ici
Techniques de battage, (fléau, van), conservation des céréales (grenier extérieur amovible)
Araire et charrue, herse cliquez ici


Prestations à la demande
à disposition de toute occasion de reconstitution historique

 Auprès de tous descendants de peuples celtes organisateurs
d’une manifestation culturelle ou festive ayant un souci de reconstitution historique
(toute ressemblance avec un parc Astérix s’abstenir) :

Présentation du matériel agricole celtique avec explications du fonctionnement
(la démonstration étant difficile à réaliser car nécessite un attelage spécifique
et une mise en sécurité du public) 

Itinérance : 1 000 km maximum autour d’Alésia.
Prestations gracieuse, une collaboration pour le logement, les repas et eventuellement le déplacement
peut faire l'objet d'une négociation préalable

Voir quelques photos dans album prestations colonne de droite cliquez ici
Ecrire à : tracesdememoire@orange.fr
ou appeler : 06 86 98 96 85 (laisser message)

Pour des raisons d'organisation dans un calendrier annuel assez surchargé
Il est préférable de planifier une prestation si possible plus de 6 mois avant la date de l'évènement.

(*) mandubien : nom du peuple celte qui occupait « l’Alesiensis pagus » au début de notre ère, aujourd’hui l’Auxois (Cote d’Or), situé entre les Eduens et les Lingons et dont le principal oppidum est Alésia, le vrai ; celui de la statue de Vercingétorix où il est inscrit :
"La Gaule unie formant une seule nation animée d'un même esprit peut défier l'Univers".


 Afin de mieux connaître ma démarche en archéologie expérimentale,
il me parait nécessaire de présenter un peu exhaustivement le cadre de mon action.

La mémoire du geste et histoire personnelle

L’archéologie expérimentale s’est imposée à moi par prolongement de l’intérêt personnel que j’accorde à la mémoire du geste. Ayant une formation de travailleur social suite à une recherche théorique en sciences humaines et sociales (philosophie, ethnologie, sociologie, etc…) j’ai très vite ressenti que l’aide à apporter à une personne en situation d’exclusion soioprofessionnelle devait dépasser « l’homo-sapien » biologique pour s’intéresser à « l’Homo faber » à l'Homme en tant qu'Etre susceptible de fabriquer des outils (et de maitrisser une technique) et par conséquent à sa capacité à intervenir sur le monde qui l'entoure. Présupposant que de cette interaction avec son environnement relationnel humain naisse une prise de conscience de soi conduisant, par ses effets, à une insertion sociale.

Happé par les thèses d'André Leroi-Gourhan, dont l’expérimentation concrète de l’alliance entre le logos et le geste fut la base d’une activité professionnelle me conduisant à une fonction inexistante dans les nomenclatures professionnelles : éducateur-entrepreneur. Durant 25 ans de carrière professionnelle j’ai contribué au développement d’une entreprise d’insertion fiscalisée, en y assurant la direction notamment, sur le secteur marchand concurrentiel dans les domaines économiques du bâtiment, de l’aménagement paysager et le traitement des déchets commerciaux.

Ma conception professionnelle s’est résumée à aider des personnes (de 18 à 60 ans) à retrouver un geste perdu ou jamais acquis pour des raisons socio-professionnelles (chômage longue durée, traumatismes divers) ou de formation inadaptée, voire inexistante (absence de références éducatives), afin que réconciliées avec un savoir-faire, ces personnes se réapproprient un savoir-être puis un savoir devenir.

La rupture d’une mémoire transmissible de génération en génération est l’origine du chômage dans sa version structurelle (incapacité à rebondir du demandeur d’emploi) conduisant l’individu à ne plus être sujet de sa propre existence mais objet d’un processus de dépendance socio-économique faisant la part belle aux thèses politiques qui voient en autrui différent un profiteur du système. Alors que la (ré)appropriation du geste dans toute sa plénitude est cette source d’où nait la prise de conscience chez chacun de sa propre existence individuelle et son affirmation à part égale dans une société. Les pauvres ne sont pas pauvres parce qu’ils n’ont pas d’argent, ils sont pauvres parce qu’ils n’ont pas de travail.

Fort de la réussite (chiffres et références tenus à disposition) de la mise en pratique de cette thèse, j’ai fait valoir mes droits à la retraite courant 2015 après que les sensibilités politiques de droite comme de gauche me glorifièrent unanimement pour avoir contribué au traitement social au chômage, alors que pendant 25 ans je me suis échiné à lutter contre l’exclusion par une exhumation permanente de l’histoire du geste, ce qui est aux antipodes de l’altruisme.

Pour un élu politique, soutenir un traitement social du chômage est bien plus aisé à tous points de vue (surtout électoral) que de militer pour un traitement économique. En effet, toute alternative d'ordre économique conduirait, inéviablement, à une remise en question de la valeur ajoutée se résumant à une négociation permanente entre actionnariat et coût social de la production, alors que la valeur ajoutée pourrait être une considération humaniste de la mise en œuvre du geste et de sa mémoire par l’ouvrier (l’oeuvrier).

La mémoire du geste n’est pas qu’une fantaisie intellectuelle, elle peut être aussi l'origine d'une production échangeable.

Donc retraité, animé de cette conception de la vie, il m’a semblé normal de continuer sur cette lancée, mais en ne m’intéressant plus au retour de la mémoire du geste perdue pour des raisons liées à une histoire individuelle, mais perdue de façon collective simplement par le fait de l’évolution du temps.

D’où mon entrain à ce jour pour l’archéologie expérimentale de façon indépendante, proposant gracieusement mes services aux diverses organisations de reconstitutions protohistoriques.


 Comment retrouver et prolonger la mémoire du geste

 L’archéologie expérimentale ainsi pratiquée repose plus sur une approche systémique se rapportant à un système pris dans son ensemble plutôt que par approche analytique prenant en compte l’absolue rationalité de la mise en œuvre concrète d’une référence théorique.

Projection

Mon point de départ est intuitif ou repose sur une empathie technique (ce que je crois être techniquement bon en faisant appel à ma propre mémoire du geste et à mes diverses observations éducatives ou culturelles).

Je projette empiriquement une morphogenèse de l’objet à expérimenter par fabrication d’un prototype à l’aide outils actuels ou modification d’un modèle de l’objet déjà existant (par exemple recherche sur le marché de l’occasion d’anciens outils).

Vérification

Je recherche des références théoriques exclusivement à partir de textes d’auteurs contemporains à l’objet expérimenté ou opinions scientifiques validées par des professionnels de l’archéologie fondamentale (universités, CNRS, musées, etc.).

Expérimentation

La mise en situation de l’objet ainsi retrouvé selon une conception de l’archéologie expérimentale s'intéressant à l'histoire, à l'usage et aux rôles des objets techniques dans leur rapport aux faits contemporains conduit rapidement à l'anthropologie des techniques.

Outre les déductions techniques (limites ou améliorations possibles), l’expérimentation apporte un éclairage sur le savoir-faire, c’est-à-dire une efficience qui possède des composantes cognitives dans la maîtrise de processus ne se limitant pas à une observation extérieure de la technique, mais permettant d'approcher la pensée, la conception, voire la perception sensible de la technique témoignant de la culture et de l’appartenance à une société.

Les dimensions humaine et sociale ainsi retrouvées par la technique permettent des projections anthropologique, ethnologique, culturelle, religieuse, et politique, voire des analyses économiques.

Présentation pédagogique

Une connaissance ne vaut que si elle est transmise, donc possibilité de présentation gratuite du matériel dans toute manifestation ayant un souci de reconstitution historique.

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01 février 2017

Le vallus

 

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Au Madriniacus (mon jardin antique cliquez ici), il est possible d’observer la reconstitution expérimentale d’un vallus semblable à celui que l’on pouvait apercevoir parmi les champs de céréales sur les plateaux de l’Alesiensis pagus (Auxois) au début de notre ère, voire même antérieurement.

Il s’agit de la première moissonneuse de céréales à propulsion animale (et non traction), capable d’avoir un meilleur rendement économique qu’une récolte manuelle, mise au point par les peuples gaulois bien avant les autres civilisations, notamment l’empire romain.

Le principe technique consiste en une caisse de bois reposant sur deux roues dont l’ouverture à l’avant est munie d’une rangée de dents horizontales, et à l’arrière, prolongée d’une paire de brancards dans laquelle peut être attelé un animal (âne par exemple) poussant le tout de telle sorte que les épis mûrs se cassent à leur base sous l’effet mécanique de la pression pour tomber dans la caisse. Selon les représentations qui nous sont parvenues (voir plus loin) un homme marchait en reculant face au vallus, muni d’un outils composé d’une planche perpendiculaire à un long manche servant à pousser les céréales vers les dents de la machine, tels les rabatteurs qui tournent sur les moissonneuses batteuses actuelles.

Etymologie succincte

Les origines étymologiques sont diverses : vallus proviendrait à la fois du grec ancien ἧλος, êlos (« clou ») et de vannum (« van ») forme contractée de vannulus, vanlus. On retrouve caedere vallum (couper des pieux: pieu échalas, inter duos vallos (entre deux palissades) : pieu pour palissade, vallus pectinis (dent d'un peigne). Mots dérivés : vallo (palissader), vallum (palissade), intervallum, intervalle.

Cette appellation peut être issue de l’osier dont pouvaient être tressés, le van et le coffre des véhicules gaulois, ce qui sous entendrait que la récolte moissonnée tombait dans un panier en osier (version technique dont s’inspire la vallus du Madriniacus)

Informations archéologiques

Sources bibliographiques :

Pline l’Ancien (1er siècle) dans Histoire naturelle (18, 296) écrit : « Dans les grandes propriétés de Gaule (latifundia) on pousse à travers champ de grands vallis montés sur deux roues et dont le bord est garni de dents, auxquels on attelle une bête de somme à l’envers, de sorte que les épis coupés tombent dans le vallus. »

Palladius (4ème siècle après J.C.) dans Traité d’agriculture (7,2) donne plus de détails : « La partie relativement des Gaules utilise le moyen économique que voici pour moissonner, et indépendamment du travail des hommes, l’activité d’un seul bœuf vient à bout de la superficie de toute une moisson. C’est pourquoi on a inventé un véhicule qui est porté sur deux petites roues.

Sa surface carrée est munie de planches, qui, inclinées vers l’extérieur, ont le plus grand écartement au sommet. Sur la face avant de ce chariot, la hauteur des planches est plus petite. Là, des dents, nombreuses en plus d’être espacées en fonction de la taille des épis, sont placées en ligne, recourbées à l’extrémité supérieure. Quant à l’arrière de ce même véhicule deux timons très courts sont fixés comme des brancards des litières. A cet endroit, un bœuf, tête tournée vers le véhicule, est attaché par un joug et des traits, assurément une bête calme, de manière à ne pas dépasser la cadence du compulsor.

Dès qu’il a commencé à mettre le véhicule en mouvement à travers les moissons, tous les épis, saisis par les dents, sont accumulés dans le chariot, une fois les pailles brisées e laissées sur place, et tandis que le bouvier, qui suit, règle ordinairement l’élévation ou l’abaissement. »

Sources iconographiques :

Cinq bas-reliefs trouvés à ce jour en Europe de l'ouest nous proposent sous formes fragmentaires des représentations partielles, mais néanmoins explicites, de vallus :

-          Gravures du calendrier de la porte de Mars à Reims (France) réalisées au 18ème et 19ème siècle,

-          Bas-reliefs d’Arlon et Buzenol-Montauban (Belgique)

-          Bas-reliefs de Trèves et Coblence (Allemagne).

Expérimentation de la machine :

L’archéoparc de Malagne la gallo-romaine située à Rochefort en Belgique (www.malagne.be) a construit dans le cadre d’une expérimentation archéologique un vallus et en présente le fonctionnement en situation réelle de récolte de céréales au cours d’une fête publique.

Le modèle de vallus du Madriniacus n’a pu être encore expérimenté à ce jour en raison principalement du manque d’une surface de céréale adaptée (cassante notamment). De plus l’approche du prototype du Madriniacus est constitué à partir du reconditionnement d’un train avant directionnel d’un ancien char à quatre roues utilisé en montagne pour du transport de charges lourdes, donc par conséquent de conception trop massive et lourde pour un parfait maniement qui, par destination utilitaire, doit posséder des caractéristiques techniques légères.

Hormis cette problématique annexe, l’expérimentions permettrait surtout d’éprouver la forme des dents et le harnachement de la bête qui sont les deux points fondamentaux de la base du bon fonctionnement de la machine.

 

Le vallus du Madriniacus

 

Informations culturelles qui découlent du vallus :

Maitrise des forces mécaniques :

Une bonne conception légère de l’engin pourrait se dispenser de la présence d’un animal, un homme, à priori, suffirait. Or l’expérimentation montre que le poids de la machine (plus récolte dans le panier) à l’avant de l’essieu nécessite un contrepoids à l’arrière ; seul un animal peut jouer un double rôle : contrepoids et traction, plus facilement qu’un homme.

Attelage poussé :

Le vallus est, à ce jour, le seul attelage poussé, et non tiré, que l’humanité n’ait jamais connue, ce qui dénote d’un savoir-faire technique et une maitrise du dressage des animaux très avancés chez les peuples celtes, cela peut sous-entendre que cette technique d’attelage pouvait aussi être employée dans d’autres circonstances (carrières ; mines, travaux divers, etc…).

Céréales cassées :

Le vallus ne coupe pas les céréales quand l’intérêt de l’agriculteur lui dicte de moissonner. Il les casse lorsqu’ils ont atteint leur maturité idéale indépendamment de la volonté du récoltant. A travers cette conception de la récolte, on peut repérer un pacte conceptuel « de non-agression » et un profond respect envers la nature pour des produits liés à l’alimentation humaine ; base fondamentale de la culture celte.

Travail en équipe :

L’expérimentation belge fait appel aux fonctions synchronisées de trois ouvriers affectés à des tâches différentes : un rabateur (devant la machine), un guide de la hauteur de la machine derrière l’animal et un guide de l’animal (à côté de l’animal). Par conséquent ce type de travaux montre la capacité de cette civilisation d’avoir un parfait contrôle de la mutualisation des compétences individuelles

Rentabilité économique :

Les auteurs latins insistent tous sur la notion de rentabilité permise par cette machine et de coût de main d’œuvre (même à l’époque de l’esclavage c’était une charge à maîtriser !) par rapport à une récolte entièrement manuelle. D’un point de vue économique le choix entre agriculture extensive ou intensive présidait déjà aux débats et orientation politiques.

Autres informations techniques à approfondir :

Harnachement :

Le point crucial pour l’utilisation du vallus est le lien entre l’animal et la machine. L’expérimention belge, considérant que le collier d’épaule n’étant pas encore au point avant le Moyen-Age, à recours à la duplication d’un jouguet (petit joug pour un seul animal) du 2ème siècle retrouvé à Pforzheim (Allemagne), posé en avant du garrot de l’animal, protégé par une peau d’agneau ; préfiguration du collier d’épaule.

Ancêtre du vallus :

Selon Pline, le vallus a été mis au point afin de se substituer à une technique manuelle consistant à l’emploi d’un peigne, tenu d’une main, poussant les épis dans une sorte da van en osier tenu de l’autre main. Il est alors intéressant de constater que le vallus est l’évolution technique d’une méthode de récolte selon une conception d’utilisation d’outils non tranchants. Hormis des informations littéraires, à ce jour, nous n’avons aucune trace concrète de tels outils.

Utilisation mandubienne du vallus :

Comme toute moissonneuse mécanique, le vallus, n’est économiquement rentable que sur des grandes surfaces de céréales relativement plates, situées plus au nord du pays des Mandubiens. On peut penser, en raison de la configuration accidentée du terrain et du petit parcellaire qui en dépend, que dans l’Alesiensis pagus (Auxois) le vallus était probablement peu utilisé.

 Outils complémentaires au vallus :

 

Silo et van

 

Silo (aérien), fléau, van

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15 janvier 2017

De l'araire à la charrue

 

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Araire sur roue = charrue

Evolution des outils agraires :

La houe se rapproche plus de la pioche que de la binette. La pièce de travail, pièce métallique, est aplatie sous forme d'une lame qui peut être pleine ou à dents.

L' Araire est l'ancêtre de la charrue, ce nom vient du latin « arāre » (infinitif présent du verbe « arō », labourer). L'italien « arare » et l'espagnol « arar », signifiant labourer, ont la même racine. D'où les patronymes et les toponymes dans les langues latines.

L’araire (de l'occitan, issu du latin aratrum) est un instrument aratoire à bâti symétrique sans versoir et muni d'un soc pointu (ou conique) qui fend la terre sans la retourner

L’araire au départ était constitué d’une seule pièce de bois, il évolua et finit par avoir jusqu'à cinq pièces.

Le plus souvent en bois, l'araire se compose de trois parties essentielles :

- le mancheron, tenu par la main du laboureur, permet de guider l'araire.

- le sep (souvent appelé dental), pièce centrale dont la pointe est coiffée du soc qui entre en contact avec la terre.

- l'age (haie ou flèche selon les régions), pièce généralement courbe, prolongé en avant par le timon et fixé en arrière au talon du sep, qui relie l'araire au brancard ou au joug auquel sont attelées les bêtes de trait.

L'araire est considéré à tort comme l'ancêtre de la charrue. En fait, ces deux instruments aratoires ont coexisté au fil des siècles, chacun ayant ses propres spécificités. Dans l'araire, tous les éléments sont symétriques par rapport à l'axe de l'age et à la ligne de travail. L'araire effectue un travail en surface, rejetant sur les deux côtés la terre émiettée et déplacée par le soc. La charrue est un instrument aux éléments dissymétriques : les pièces travaillantes sont situées sur le même côté de l'age. Avec la charrue, la terre est travaillée en profondeur, mais rejetée d'un seul côté. L'araire est plutôt adapté aux sols légers et en pente du bassin méditerranéen et ne nécessite qu’une bête de trait peu puissante (un âne). La charrue est plus adaptée aux terres lourdes des plaines du Nord et demande un attelage plus puissant pour être pleinement efficace (bœufs ou chevaux).

La charrue

Char gaulois Carruca du gaulois latinisé carrus

le bâti est constitué par l'age, pièce longitudinale horizontale qui supporte les autres pièces, dont les étançons, fixés perpendiculairement à l'age et auxquels sont fixées les pièces travaillantes

le corps de labour est composé du soc, prolongé du versoir, et du coutre

Les éléments essentiels d'une charrue sont  les mêmes que ceux de l'araire : age, sep et mancherons. Mais l'ajout d'autres pièces entraîne d'importantes modifications : c'est d'abord l'avant-train, muni parfois de roues de dimensions souvent inégales pour permettre à la charrue de garder sa stabilité lors du labour (une roue passe sur le guéret, partie de la terre non encore travaillée, l'autre dans la raie précédemment tracée). Autre élément nouveau par rapport à l'araire, le coutre, lame de fer découpe préalablement la motte de terre, qui sera ensuite soulevée par le soc et renversée par le versoir. La charrue, beaucoup plus lourde que l'araire, nécessite la présence de deux mancherons pour assurer une meilleure conduite par le laboureur. L'age devient un axe très long sur lequel sont fixées toutes les pièces travaillantes. Soc et versoir sont dans le prolongement l'un de l'autre, formant en fait une seule pièce reliée à l'age par les étançons et située sur le côté de celui-ci (n'oublions pas que le principe du labour à la charrue repose sur la dissymétrie).

Le soc

Le terme est issu du gaulois "succo" = porc, groin de porc. Désigne métaphoriquement « l'instrument qui fouine la terre comme le groin d'un cochon ».

On retrouve la même chose en vieil irlandais où socc signifie « groin » et « soc de charrue », alors que le brittonique "succo" identique au gaulois a donné le gallois hwch, le cornique hoch et le breton hoc'h (le h initial s'expliquant par le passage de [s] à [h] en brittonique).

À noter que le français est la seule langue romane qui possède ce terme d'origine celtique, qui est un indice supplémentaire (avec les nombreuses découvertes archéologiques) sur le caractère indigène d'une agriculture gauloise performante.

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